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28.02.2020

Déversement dans les structures en bois | Théorie

Les poutres en flexion élancées avec un rapport h/b important, chargées parallèlement à l’axe faible, ont tendance à présenter des problèmes de stabilité. Cela est dû au déversement de la semelle comprimée.

La poutre subit un déplacement latéral avec une torsion simultanée (voir image 01). On parle alors de déversement, respectivement de basculement. Par analogie au flambement, où une barre flambe brusquement lorsqu’elle atteint la charge critique de flambement d’Euler, l’aile comprimée se déverse à partir d’une charge critique de déversement. Il en résulte un moment fléchissant critique Mcrit, qui entraîne une contrainte critique de flexion au déversement σcrit.

Symboles utilisés :

L Longueur de la poutre
E Module d’élasticité
G Module de cisaillement
Iz Moment d’inertie par rapport à l’axe faible
IT Moment d’inertie en torsion
Iω Module de gauchissement
az Distance entre le point d’application de la charge et le centre de cisaillement
e Distance de l’appui élastique de la barre par rapport au centre de cisaillement
KG Ressort de rotation élastique à l’appui en Nmm
KΘ Appui de rotation élastique en N
Ky Appui élastique de la barre en N/mm²

Détermination analytique de Mcrit

Afin de déterminer le moment fléchissant à partir duquel une poutre devient instable, des solutions analytiques sont disponibles dans la littérature pour l’ingénieur, mais leur application est limitée. Dans [1] est dérivée l’équation suivante pour une poutre isostatique sur appuis articulés et en fourche aux deux extrémités, soumise à un moment fléchissant constant et avec application de la charge au centre de cisaillement.

Pour les sections sans gauchissement (par exemple une section rectangulaire étroite dans la construction bois), la rigidité au gauchissement peut être mise à zéro et le terme entre parenthèses disparaît ainsi.

Facteurs de correction

Comme il existe en statique des structures beaucoup plus de cas que celui mentionné ci-dessus, des facteurs de correction ont été introduits afin de prendre en compte, par exemple, des distributions de moments différentes, des situations d’appui et une application de charge différente. À cette fin, la longueur de la poutre est modifiée par les facteurs et il en résulte une longueur effective lef. Celle-ci est décrite, entre autres, dans [2] comme suit.

Ici, az est la distance entre le point d’application de la charge et le centre de cisaillement.

Si la charge agit sur la face inférieure de la poutre, az doit être prise avec un signe négatif. Les coefficients a1 et a2 sont à voir sur l’image 03.

Les différents systèmes sont à comprendre comme suit :

  1. Poutre isostatique sur appuis articulés et en fourche aux deux extrémités
  2. Poutre encastrée
  3. Console avec appui en fourche à l’extrémité libre
  4. Poutre encastrée aux deux extrémités
  5. Poutre isostatique avec encastrement d’un seul côté
  6. Poutre à deux travées
  7. Poutre continue sur appuis articulés - travée intérieure
  8. Poutre continue sur appuis articulés - travée extérieure

Mcrit dans la normalisation

Dans les normes, la vérification au déversement est proposée selon la méthode de la barre de remplacement. Le moment critique doit alors être calculé avec les valeurs quantiles à 5 % des rigidités. Pour la construction bois, il en résulte :

La contrainte critique de flexion s’en déduit :

Appui élastique

Si un ressort de rotation élastique (par exemple résultant de la souplesse de l’appui en fourche) à l’appui, un appui de rotation élastique (par exemple dû à des tôles trapézoïdales) ou un appui élastique de la barre (par exemple dû à des contreventements) doit être pris en compte, l’équation précédente peut être étendue comme suit [2].


Ici, il s’agit de

Si le ressort de rotation KG à l’appui est considéré comme infiniment rigide, on obtient α = 1. L’appui de rotation élastique KΘ n’est généralement pas pris en compte dans la construction bois, car aucune étude n’est disponible à ce sujet. Le paramètre KΘ intervient donc dans l’équation avec la valeur 0. L’appui élastique de la barre Ky, résultant d’un contreventement ou d’un diaphragme de cisaillement, a un effet favorable sur le comportement au déversement d’une poutre.

Important

Il convient toutefois de noter que l’équation précédente est limitée dans son application. À strictement parler, elle n’est valable que lorsqu’il existe une déformée en grand arc sinusoïdal. Si l’appui élastique de la barre est trop rigide, ce n’est plus le cas, car la forme propre présente plusieurs arcs le long de la poutre. Il n’existe actuellement aucune limite permettant de définir à partir de quel moment la formule étendue avec α et β perd sa validité.

La manière de résoudre habilement de tels problèmes aux valeurs propres sera expliquée dans l’article suivant à l’aide de différents exemples.


Auteur

M. Rehm est responsable du développement de produits pour les structures en bois et il fournit une assistance technique aux clients.

Liens
Références


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